Marie enseigne le piano depuis douze ans dans une école de musique associative en région nantaise. Quand elle s’est inscrite à la formation InnoVaDys, elle ne cherchait pas une solution miracle — elle cherchait des mots pour ce qu’elle observait, et des outils pour ne plus se sentir démunie face à certains élèves.
« J’avais des élèves qui semblaient normaux… jusqu’à la portée »
Marie décrit une situation que beaucoup d’enseignants reconnaissent : des élèves vifs, expressifs, qui saisissent immédiatement le caractère d’une pièce, mais qui restent bloqués sur la lecture de notes.
« J’avais Léo, 10 ans, qui jouait d’oreille avec une facilité déconcertante. Mais dès qu’on ouvrait le cahier, il se fermait. Il mettait dix fois plus de temps que les autres à identifier une note sur la portée. Je pensais qu’il ne travaillait pas assez. Maintenant je comprends que son cerveau traitait l’information différemment — et que mes méthodes n’étaient pas adaptées à son fonctionnement. »
Ce que la formation a changé
Marie cite trois choses concrètes qu’elle a modifiées dans son enseignement depuis la formation :
- Elle propose désormais plusieurs entrées pour chaque nouvelle notion — une entrée auditive, une entrée rythmique corporelle, et une entrée visuelle. « Avant, je commençais toujours par la portée. Maintenant, on chante d’abord, on frappe le rythme, et la portée vient confirmer ce que le corps a déjà compris. »
- Elle a modifié son langage évaluatif — « J’ai arrêté de dire “c’est faux”. Je dis “qu’est-ce que tu as entendu là ?” Ça change tout à la dynamique. L’élève reste en position d’explorateur, pas d’accusé. »
- Elle s’est autorisée à ralentir — « J’avais l’impression que si on ne finissait pas le cahier de l’année, j’avais échoué. Maintenant je sais qu’un élève qui a vraiment intégré trois pièces en travaillant son processus d’apprentissage est plus avancé qu’un élève qui a “fait” douze pièces en les imitant. »
Sur Léo, deux ans après
Marie reprend la conversation sur Léo, l’élève qu’elle évoquait en introduction. Depuis que sa pédagogie a évolué, elle dit ne plus reconnaître ses séances avec lui.
« Il arrive maintenant en cours en ayant cherché des choses par lui-même — un morceau entendu à la radio, une mélodie qu’il veut reproduire. Il utilise les couleurs qu’on a associées aux notes pour s’orienter sur la portée. Il fait encore des confusions, mais elles ne l’inhibent plus. Il continue. Et c’est ça, la vraie réussite : un élève qui continue. »
Ce qu’elle dirait à un collègue hésitant
« Ce n’est pas une formation pour “savoir gérer les cas difficiles”. C’est une formation pour comprendre comment les êtres humains apprennent — et pour réconcilier sa pratique pédagogique avec ce qu’on sait aujourd’hui du cerveau. Ça m’a rendue meilleure enseignante pour tous mes élèves, pas seulement les dys. »
« Cette formation m’a réconciliée avec ma pratique. J’ai retrouvé le goût d’enseigner. »
Marie, professeure de piano, 12 ans d’expérience
La prochaine formation InnoVaDys « Musique & Neurodiversité » ouvre ses inscriptions en septembre. Voir le programme →