Je pars de l’intérieur
Je suis luthier, ingénieur acousticien, enseignant de danse et de musique, praticien systémique. Et je suis dys.
Ce que je transmets, c’est ce que j’ai mis en place pour moi : comment ça fait à l’intérieur, et pourquoi mes outils m’ont permis de compenser. Je le transmets à ceux qui sont au contact des élèves.
Trois portes
On peut travailler sur l’élève, sur l’instrument, ou sur le cadre d’enseignement.
1. L’élève
On commence par la sécurité dans le lien, et par la lenteur. Quand il y a un geste, le ralentir très lentement aide le système nerveux à intégrer l’information.
Si un enfant s’agite, on ralentit le geste et on le refait trois fois en le sentant. Dès que l’on revient dans la sensation, très souvent ça se calme et l’on retrouve un état où l’on peut de nouveau apprendre.
2. L’instrument
On sollicite plusieurs sens en même temps. Trois sens sont représentés. S’il y en a un qui bugue, les deux autres recoupent le champ d’information.
Les couleurs redoublent le champ d’information quand il y a une inversion. Même une gommette sur un manche de violon peut servir.
3. Le cadre
Il y a la personne avec sa famille, l’enfant, vous, l’équipe éducative, et toute la structure autour. Pour essayer certains aménagements, il faut que la direction soit d’accord.
J’aime travailler avec le référent handicap : cela permet d’avoir une vision globale.
Comment on travaille
- On vit avant d’expliquer. Dans l’exercice « Dans la peau d’un élève dys », on marche, on se place, on sent ce que fait le corps quand un élève dys s’approche. C’est un travail somatique subtil, avec des respirations.
- Un espace de jeu cadré dans le temps. On essaie de ne pas mettre de jugement, on explore, on improvise, les erreurs sont bienvenues. On dit « jouer de la musique », ce n’est pas pour rien.
- Le corps compense. Un élève dyspraxique peut se raidir pour baisser le trop-plein de sensations. Un enseignant qui sait le voir adapte son cours, sans diagnostiquer.
- Pas de thérapie. Vous n’êtes pas thérapeute dans vos cours. Quand une émotion arrive, vous n’arrêtez pas le cours. L’idée est d’accueillir au mieux les choses telles qu’elles sont.
Ce que j’écarte
Je ne promets pas de résultat. Je ne pose pas de diagnostic et je ne soigne pas. L’Antisèche musicale est un outil neuf : nous regardons ensemble ce qui se passe avec vos élèves.
Les troubles dont je parle
Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, dysmusie, dyschronie, dysphasie, et leurs liens avec le TDAH et le haut potentiel. Voici quelques définitions, dans mes mots.
- Dyslexie : trouble de l’acquisition et de l’automatisation du langage écrit.
- Dysorthographie : tout ce qui touche l’écriture, y compris les symboles musicaux, les kanji, les lettres grecques.
- Dyscalculie : les mathématiques et les symboles. On est dans le concept du plus et du moins.
- Dysmusie : une difficulté, par exemple, à reconnaître des intervalles à l’oreille.
- Dyschronie : une difficulté dans le rapport au temps. Avec des inversions, l’horloge indique 3 h, puis 9 h. Comment construire un rapport au temps fiable ?